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Slow love

Bonnie 'Prince' Billy

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Il a longtemps été celui qui écrivait et interprétait les chansons les plus tristes du monde, comme une sorte de voile blanc jeté à la face des années 90 depuis cet album glacé des Palace Brothers, There is no-one what will take care of you (1993) : Will Oldham n’est pas un parfait boute-en-train.

D’abord, versé dans l’insatisfaction permanente, l’Américain change de nom de groupe tous les six mois (Palace Brothers, puis Palace, Palace Music, Will Oldham, puis Bonnie ‘Prince’ Billy de 1998  à nos jours). Souvent, il change d’humeur, passant de la camaraderie alcoolisée (son génial duo avec Rian Murphy, Fall Again) ou simplement ludique (la compilation At Home with the Groovebox) aux longues complaintes barbues (You’ll miss me when I burn).

Armé pour 2010 d’un Cairo Gang qui semble être le surnom donné à sa guitare sèche, tenue par un certain Emmet Kelly, le Prince nous promène doucement à travers ses nouvelles obsessions, bien plus lumineuses que par le passé, et se révèle en une sorte d’Al Green en chemise à carreaux, imprécateur cool d’une nouvelle façon d’aimer (That’s What Our
Love is
) … qui ressemble beaucoup aux anciennes. Comme si Twitter et 24 Heures chrono n’avaient jamais existé.


 

 

 

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