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Micky et Fu’ad

True Love



Micky & Fu'ad photographiés par Thomy Laetsch

Micky & Fu'ad photographiés par Thomy Laetsch



Poupée peroxydée à la voix singulière, Micky Green s’est imposée il y a deux ans avec White T-Shirt, un premier album de soul minimale et sexy ayant déjà trouvé plus de 200 000 fans. Retour cette année avec Honky Tonk, toujours dans cette veine désinvolte si séduisante. Premier extrait, T.L., pour True Love,  avec un clip où l’on retrouve Micky et l’acteur Fu’ad Aït Aattou.

MICKY GREEN
Interview par Yan Ceh

Poupée peroxydée à la voix singulière, Micky Green s’est imposée il y a deux ans avec White T-Shirt, un premier album de soul minimale et sexy ayant déjà trouvé plus de 200 000 fans. Retour cette année avec Honky Tonk, toujours dans cette veine désinvolte si séduisante. Premier extrait, T.L., pour True Love, avec un clip où l’on retrouve Micky et l’acteur Fu’ad Aït Aattou.

As-tu été surprise par le succès de ton premier album ?
Oui, bien sûr, mais ça s’est passé progressivement, à partir du morceau Oh ! qui a attiré l’attention sur l’album, et puis les concerts, les rencontres… Ce dont j’étais contente, c’est le fait d’avoir réalisé vraiment le disque que je voulais, sans concessions ni compromis, et que ce disque plaise et trouve un public. Ça m’a également donné confiance et envie de continuer, avec ce nouvel album que j’ai enregistré exactement comme je le souhaitais.

Et y a-t-il une idée particulière pour ce Honky Tonk ?
Non, pas vraiment. En fait, j’écris en permanence, j’ai toujours un petit carnet sur moi, j’y relève les anecdotes, des phrases entendues ici ou là, des choses qui deviennent sujets de chanson, ou pas… C’est un work in progress. Cet album est plus complexe que le précédent, qui était vraiment très minimal. Et en ce qui concerne son titre, c’est simple : j’adore la musique qui se dégage lorsqu’on dit Honky Tonk, la phonétique de l’association de ces deux mots…

Honky Tonk renvoie aussi à un lieu où l’on écoute de la musique country, au morceau des Stones (Honky Tonk Woman)…
Oui, il a une petite généalogie intéressante, c’est vrai ! Quand on le prononce, on pense aussi aux cow boys dans les films, à John Wayne (rires).

J’ai lu sur le Net que la ligne de piano de T.L. serait inspirée de riffs de guitare sur un morceau de AC/DC : vrai ?
Non, je ne pense pas que la ligne de piano vienne de AC/DC. Mais, ceci dit, j’aime bien ce groupe qui vient du même pays que moi (l’Australie). Et j’aime beaucoup leurs rythmes. À la base je joue de la batterie, et je me suis parfois inspirée de leur jeu de batterie. Ils sont très forts.

Le clip de T.L. est scénarisé comme un court-métrage, avec à tes côtés Fu’ad Aït Aattou. As-tu envie de tourner un film, de devenir actrice ?
J’ai beaucoup aimé faire ce clip et d’ailleurs c’est moi qui ai eu l’idée de proposer à Fu’ad d’y participer ! Je l’avais remarqué dans Une vieille maîtresse, je l’avais trouvé bon acteur et forcément très séduisant. Mais par contre, je n’ai pas vraiment envie de faire du cinéma, je suis très heureuse comme chanteuse, ça me satisfait pleinement.

Sur cet album, on note la présence de musiciens de jazz, comme Julien Chirad et Eric Legnini. Écoutes-tu beaucoup de jazz ?
Ces musiciens sont fabuleux et ont beaucoup apporté au disque. J’écoute du jazz aussi, mais j’écoute de tout en fait, cela dépend de mon humeur, du moment de la journée. Mais j’aime bien les cuivres, saxophone etc, que l’on retrouve dans le jazz. Ca me rappelle aussi le premier groupe dans lequel j’ai joué, à la batterie forcément. J’étais encore à l’école, c’était le “Asquith Girls High School Band” (rires).

On te voit souvent pendant les défilés parisiens. Qu’aimes-tu dans la mode ? Quels sont les créateurs qui t’intéressent ?

J’ai toujours aimé les fringues, la création. La mode peut parfois toucher à des questions fondamentales, graves, sous couvert de légèreté. Des créateurs comme Martin Margiela font partie des gens pour lesquels j’ai beaucoup d’admiration, qui arrivent à développer un style et des idées nouvelles. J’aime aussi les classiques comme Chanel ou Sonia Rykiel, ou encore A.P.C.

Et tu lis également beaucoup ?
Je n’arrive pas à lire autant que je voudrais, mais en ce moment je découvre Albert Camus, l’Homme révolté, un essai passionnant. J’ai pris l’habitude de lire lorsque j’étais mannequin, puisque je passais beaucoup de temps à voyager, à attendre lors des castings… J’ai beaucoup lu Paul Auster, et j’aime aussi les biographies.


FU’AD AÏT AATTOU
Interview par Rachid Benhassain

Séducteur vénéneux chez Breillat aux côtés d’Asia Argento (Une vieille maîtresse), icône de Morgan shootée par Terry Richardson, Fu’ad est le “Clyde Barrow” de Micky dans le dernier clip de la chanteuse, tourné entre la place Vendôme et un patelin de Floride : True Love. Mais Fu’ad est surtout un jeune homme bien de son temps, se définissant comme “glamour et pathétique”.

Comment s’est passé ta rencontre avec Micky Green ?

Micky Green m’a contacté pour me proposer un petit rôle dans son clip et une semaine après j’étais sur le tournage. Je joue le rôle de son petit ami avec qui elle est censée préparer un braquage. J’ai même une petite anecdote sur le tournage. On avait loué une vieille voiture américaine, une Chevrolet Caprice 1975… J’adore ce genre de caisse… Je conduisais pour aller au restaurant, on partait d’un bar à striptease où ils venaient de tourner. Je voulais juste faire une marche arrière et la pédale d’accélérateur est restée coincée, avec ses trois cent chevaux… On est parti à fond en marche arrière, sans ceinture de sécurité jusqu’à ce que je réussisse à caler la voiture contre un poteau.

Tu as toujours rêvé de devenir acteur ?

Oui, j’ai voulu devenir acteur vers l’âge de six ans en regardant la série l’Homme qui tombe à pic dans laquelle Lee Majors interprète un cascadeur hollywoodien qui double les vedettes de cinéma. Ce qui est amusant est que cet acteur est lui même doublé par un vrai cascadeur ! Depuis tout petit, j’ai été fasciné par l’envers du décor, par le fait que tout soit faux. Je voulais être dans le décor, c’est un rêve de gosse qui est resté… J’ai commencé à faire un peu de théâtre quand j’étais au lycée. Dès que j’ai eu mon bac je suis monté à Paris pour faire le Cours Florent, je passais des castings et puis j’ai rencontré Catherine Breillat dans un café…

Quels sont les réalisateurs qui te font rêver aujourd’hui ?
William Friedkin, j’aime toute son œuvre, c’est l’un des seuls réalisateurs de la fin des années 60 qui fait encore de bons films. J’ai adoré son dernier film, Bug, je le trouve honnête, intelligent… J’adore la sensibilité de Friedkin, qui me correspond.

Est-ce que tu as d’autres passions en dehors du cinéma ?
La musique, j’ai plein de vinyles, je dois en avoir deux ou trois cents chez moi que j’ai acheté depuis que j’ai 18 ans. Le son est meilleur quand tu écoutes des vieux morceaux, en fait, c’est une belle arnaque le CD ! Je fais aussi de la guitare électrique depuis que j’ai 15 ans, je ne suis pas professionnel, c’est juste un vrai plaisir… En musique je suis très rock, surtout les anciens morceaux… J’aime aussi le chanteur Christophe, il y a un côté pathétique chez lui que je trouve fascinant… Les gens qui me passionnent ont toujours un côté pathétique… Un mélange de glamour et de pathétique, c’est le cocktail ultime pour moi.


 

 

 

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