Si l’Apocalypse devait avoir une bande son, ce serait Goodbye, le dernier album du français Koudlam. Ovni égaré entre électro et world music, ce disque-phénomène partage une certaine idée de l’esthétique destroy avec l’artiste Cyprien Gaillard, tout juste nommé pour le prix Marcel Duchamp 2010 et à l’initiative de cette série de photos au Mexique.
Tu es un artiste très atypique de la scène musicale d’aujourd’hui, comment peux-tu décrire ta musique et ton travail ?
C’est très difficile de décrire mon travail, je ne suis pas fort pour tout ça. Je pense que c’est juste de la musique, une façon pour l’homme de communiquer avec Dieu, son cœur, ou avec ses pieds, sans déchets aucun, comme un laser.
Comment composes-tu ta musique ? Est-ce que tu composes seul ?
Je compose sur un ordinateur, seul. Les voies qui mènent à la création d’un morceau sont vraiment multiples et je n’ai pas qu’une façon de faire, mais en gros c’est un déclic, une pulsion, puis tout se fait face à l’écran, parfois accouplé à des instruments plus traditionnels comme les pianos, les synthés, les musiciens choisis pour leurs origines ethniques (rires).
Tu as passé ton adolescence à Abidjan, comment était ta vie là bas ?
Je fumais des lianes dans des champs colorés, j’examinais le monde. La vie était pure, le paysage était noble, les Ivoiriens sublimes, c’était vraiment bien.
La belle vie ! ça a influencé ta musique ?
Dans le fond. Une façon de voir venir les choses peut-être. C’est difficile à définir mais je pense que ce manque m’a influencé, une certaine nostalgie très saine.
Qu’est-ce que tu écoutes comme musique aujourd’hui ?
Jimi Hendrix et Eek-A-Mouse.
Tu sembles avoir une passion pour l’image des ruines et la déconstruction du monde. Qu’est-ce que cette esthétique évoque pour toi ?
La liberté, l’errance…
Comment s’est passée ta rencontre avec l’artiste Cyprien Gaillard ?
On s’est rencontré dans le Dakota du sud où j’ai passé plusieurs mois avec des Indiens pas super en forme. Cyprien filmait dans le coin. On a bu du Jack Daniel’s et autour d’un verre, l’affaire était conclue. Ensuite on a bossé sur un projet qui est devenu Desniansky Raion, une vidéo qui a eu pas mal d’écho dans le milieu de l’art et que l’on a pu présenter sous forme de performance un peu partout dans le monde, souvent dans des lieux incroyables, toits, théâtres, églises etc..
Tu peux nous commenter ces photos prises par Cyprien au Mexique ?
Ce sont des photos prises au cours du tournage d’Eagles of Africa, un clip qui sortira en mars, entre Cancun, Mexico City, Teotihuacán, et dans d’autres faubourgs moins connus… Ça s’est bien passé, on était dans un hôtel de passe d’un style années 60, magnifique, c’était au moment “panique” de la grippe et ils portaient tous des masques. Les rues étaient souvent désertes. On passait notre temps dans des endroits étranges, là où il restait des Mexicains.
J’ai entendu dire que tu composais des poèmes et que tu peignais aussi. Aujourd’hui qu’est-ce qui t’inspire pour créer ?
Ce qui m’inspire aujourd’hui c’est Eek-A-Mouse, ça me donne de l’énergie !
À côté de ton album, tu es DJ pour beaucoup d’événements comme Art Basel Miami, l’ouverture de la boutique Surface to Air…
Je ne suis pas DJ, ou alors vraiment de manière exceptionnelle. Et puis à Miami il y a des trucs vraiment cools comme les alligators ou bien les jacuzzis-cascades…
Peux-tu nous parler de tes projets futurs ?
Dans l’immédiat, j’ai un maxi et un album quasi terminés, la première sortie devrait se faire en mai ou en juin si tout va bien. Je bosse aussi sur la bande-son d’un documentaire qui se tourne en ce moment au Sénégal, je viens de donner un concert à Dakar, et une expo à New York, Solace, jusqu’au 15 mai…
Quels sont les cinq titres que tu écoutes en ce moment ?
Cinq titres de Eek-A-Mouse : parce que c’est du génie !




