
Complet depuis des semaines, Rock en Seine a vu une foule compacte slalomer entre les gouttes, les trois scènes et les différents stands. La Converse Art Factory, située au centre du festival, offrait un oasis de choix.
Si la collection 2010 était présentée, rappelant à quel point ces chaussures sont associés à l’histoire du rock (des Ramones aux Strokes en passant par Elvis), on pouvait aussi jouer au ping-pong avec des poêles à crêpes ou des disques vinyles. Au rez de chaussée, un atelier musical réunit tout un attirail high-tech (platines et mixettes pour dj’s, batteries électroniques, etc …). Puis, en remontant quelques marches, on arrive sur la terrasse supérieure d’où on pouvait entendre les concerts de la scène de la Cascade. Cette scène qui a vu, vendredi, Foals réchauffer le public même avec la pluie sporadique mais intense. Le groupe faisant là un de ses concerts les plus aboutis. On recroisait le chanteur plus tard dans la soirée qui nous confirmait cette analyse. Le samedi, LCD soundsystem a tout balayé et James Murphy semblait touché par le retour du public hystérique. Le son carré des new-yorkais oscillait entre rock et électro.

Plus tard, 2 Many Dj’s terminait la soirée par un set précis et maîtrisé qui résonnait comme une immense boum. Ca sentait la bonne humeur et la joie. Seule ombre sur cette scène, le retour un brin raté des fabuleux Roxy Music. On en attendait peut-être trop. Si les morceaux sur disque restent d’une modernité implacable, le live a pris un coup de vieux. Il fallait fendre la foule pour approcher la grande scène où jouaient beaucoup de groupes aux carrières dejà longues (Cypress Hill, Blink 182, Massive Attack). Des concerts solides mais sans fantaisie, comme redécouvrir de vieilles photos ou sentir le parfum d’une époque.

Tout ceci s’est fini par un choix dans la programmation assez étrange: programmer en même temps les trublions de Crystal Castles et le rock arithmétique mais passionnant d’Arcade Fire. Si le concert des punks électros n’a eu que faire du déluge qui s’abattait sur le domaine de St Cloud, les canadiens, eux plus prudents, ont interrompu leur show. Dès leur retour sur scène, en formation plus acoustique, ceci n’a qu’ajouté encore un peu plus d’emphase à ce concert simplement beau. L’édition 2010 restera donc comme une grande réussite, jonglant entre valeurs sûrs et nouveaux héros, entre rayons de soleil et pluie.










