
Aranud Fleurent-Didier photographié par Milo McMullen
Quand nos petits-enfants nous crieront dans les oreilles en 2040: “Dis pépé, comment c’était en 2010 ?” on pourra leur répondre avec beaucoup de sérénité: “C’était de la merde. La politique puait du bec. La course à l’argent et au pouvoir était obscène. La musique était devenue folle. Seul un type chantait des trucs qui nous mettaient tous d’accord.”
de hype.
Il aura suffi d’un haut-parleur aussi puissant que celui de la major Sony-BMG et d’un morceau universel, ‘iFrance Culture’, pour qu’Arnaud franchisse le pont qui va de la reconnaissance à la gloire. Dans ses précédents disques, il réglait ses comptes avec lui-même. Aujourd’hui il s’attaque à ceux qui l’ont mis au monde et monte le procès à la patrie, à la famille et au travail que toute une génération attendait depuis juin 68. Toute une génération à qui on a dit que la drogue était dangereuse, qui va au cinéma pour s’oublier, qui croit qu’un risotto va impressionner une fille, qui s’interroge sur le passé de ses grands-parents, qui se sent imbécile quand elle aime, qui ne mélange pas foot et patriotisme, et qui réinvente sa vie au gré des chansons à la radio. Par une petite porte, avec une musique de niche, accompagné sur scène par un duo de sirènes, Arnaud s’est incrusté au cœur des oreilles de son pays. Le retour de bâton sera violent, forcément, mais la suite nous passionne d’avance.





