Cet été, encore une fois, les créateurs rêvent d’Afrique. Mais de quelle Afrique, au juste ?
Avec l’été, chaque année, il revient… Au point qu’il risquerait de friser le lieu commun. Mais en s’emparant du thème africain, les créateurs nous parlent de la mode dans le monde, et quelque part, aussi, du monde tout court.
Chez Louis Vuitton, le point de départ de Marc Jacobs est la planète Terre contemporaine : métissée, globalisée, où les continents ne sont jamais vierges, ni inconnus, encore moins sauvages. D’énormes perruques afro coiffent ses mannequins, affirmant, s’il était besoin, que la référence aux années 70 digérées par la culture pop, au funk revisité par le hip hop, tient déjà du 3ème degré. Pure figure de style. Les imprimés ethniques se posent sur des pièces sport ou girly : cycliste, tunique cintrée… Et le style “safari”, héritage colonial, se fait parangon du chic utilitaire tellement 2010…
Même discours sur le post-colonialisme chez Dries Van Noten : la maison spécialiste des motifs exotiques revient à l’essence même de son style bobo chic. Dans le grand chaudron du melting pot, des coupes urbaines confortables, du molleton mêlé à des soies damassées. Les imprimés se superposent ou se portent au singulier, sous une veste féminine.
À l’Ouest, chez Rodarte… mais que voyons-nous ? Diantre, un commentaire politique ou social dans la mode ?! Les créatrices californiennes (supportrices déclarées d’Obama) nous entraînent dans un film d’anticipation apocalyptique : dans une Afrique dévastée, la femme est devenue par nécessité guerrière, amazone. Survivante capable de réaliser de ses mains des vêtements (sublimes) à partir de lambeaux de boubous et franges. La science-fiction dissimulant souvent une critique du présent…










