Pour la toute première fois en plus de quarante ans de carrière, Sonia Rykiel expose et vend ses dessins au public.
Lors de l’exposition que lui avait consacré le Musée des Arts décoratifs, elle n’avait montré que quelques dessins. C’est dire si la fondatrice de la galerie Catherine Houard se sent privilégiée. “Sonia Rykiel m’a choisie. Elle m’a demandée, presque timide, si je voudrais accueillir ses croquis dans ma galerie.” La galerie, ancrée dans le quartier de Saint Germain des Prés, lui-même bien ancré comme on le sait dans la vie de Sonia Rykiel, esquisse donc finalement une histoire parisienne : celle de la rencontre de deux femmes.
Une vie de dessins, 35O au total, au feutre, au fusain, au crayon, au pastel, des silhouettes de femmes presque abstraites, comme des bobines de fil colorées… Des pois, des couleurs, beaucoup de noir. Ce ne sont pas des supports aux collections de mode mais des clins d’œil, des personnages récurrents, des obsessions joyeuses, des manières pour la créatrice d’exprimer sa fantaisie déliée sur une enveloppe, dans un carnet.
Mais chez Sonia Rykiel, femme de lettres, le mot ne s’aventure jamais très loin de l’image, car il dialogue même avec le vêtement. Image et mot sont donc réunis dans un livre, le catalogue de l’exposition, dont 100 exemplaires numérotés et signés de la main de la rousse la plus iconique de Paris seront mis en vente dans la galerie. Au détour de ce qu’il faudrait presque appeler finalement une rétrospective de l’œuvre peinte de la créatrice, se nichent aussi de véritables pépites pour qui voue un culte au mystère Rykiel : deux chansons enregistrées par le passé, diffusées dans la galerie. Plus de 40 ans de grâce parisienne nous contemplent.








