Chloë Sevigny lance sa première collection pour le célèbre concept store américain, Opening Ceremony, en février 2008. Une mode qu’elle voulait drôle et confortable. À l’aube de la livraison de sa troisième collection, concentré de féminité, colette accueillera cet hiver ses créations imprimées des photographies de Robert Mapplethorpe. Rencontre en images à Los Angeles.
Première “it girl” de l’Histoire, Chloë Sevigny explose en 1995 avec les cheveux courts dans Kids, film-phénomène de Larry Clark co-écrit par Harmony Korine, son ami de l’époque. Elle devient rapidement la jeune reine du cinéma indépendant et chic, et ne tarde pas à s’intéresser à la mode. Mais le cinéma lui colle à la peau et elle continue d’irradier les films de Vincent Gallo, de Lars Von Trier et de Woody Allen, jusqu’au personnage froidement incandescent de Nicolette qu’elle incarne dans l’excellente série Big Love, deuxième épouse d’un mormon décadent de l’Utah. Chloë est aujourd’hui connue du grand public américain. Mais elle reste fidèle à sa liberté et à son goût pour l’art et la mode qu’elle défend, simplement, en restant elle-même.
Chloë, merci de nous recevoir chez toi ! — Ce n’est pas chez moi, mais comme je travaille à Los Angeles pendant six mois, je sous-loue et j’ai juste quelques trucs à moi ici, un peu d’art, quelques affaires qui me rappellent chez moi mais c’est juste un appartement provisoire!
Tu aimes L.A. ? — Oui, mais je vis à New York. Je viens à L.A. six mois par an pour tourner la série Big Love. Donc je dirais que je travaille plus ici que je n’y vis. Mais je ne choisirais pas de vivre ici, c’est juste qu’il faut aller là où il y a du travail ! Comme toutes les villes elle a ses hauts et ses bas, mais il y a des choses très positives à L.A. comme par exemple une grande communauté artistique et beaucoup d’endroits consacrés à l’art.
Quel est ton artiste préféré ? — Mon artiste préféré à Los Angeles ? J’aime beaucoup Mike Kelley et Ed Ruscha. Jeffrey Deitch qui a repris la direction du MoCA, ça va donner des choses super excitantes. Ils ont beaucoup de très bonnes institutions culturelles, du Hammer Museum au MoCA…
Tu achètes de l’art ? — Oui. À une petite échelle. Quand je gagnerai plus d’argent, je pourrai en acheter plus ! (rires) C’est tellement cher ! C’est un hobby très onéreux !
Qu’est-ce que tu as dans ta collection ? — J’ai beaucoup de Rita Ackermann, une amie depuis des années, et Dan Colen. Oh God ! Je sais plus !
Tu te sens plus à l’aise dans la mode ou dans le cinéma ? — (elle rit) C’est une drôle de façon de voir les choses, mais j’imagine que je me sens plus à l’aise dans l’univers de la mode où j’ai plus d’amis, dans tous les corps de métiers associés à la mode d’ailleurs, qu’à Hollywood où les gens sont plus compétitifs et plus réservés. Dans la mode, les gens sont plus fun. C’est sûr que je préfère aller à une fête organisée par des gens de la mode que des gens du cinéma ! Ce sont deux vibrations très différentes. Je crois que les gens sont plus libres dans la mode.
Mr Nice sortira en France au printemps et raconte l’histoire de Howard Marks. Sa vie est assez dingue ! Quel genre de femme incarnes-tu dans ce film ? — Je joue le rôle de l’amoureuse et de la complice du héros. Ils ont une grande histoire d’amour et plein d’enfants et ont vécu pendant plusieurs années une vie très glamour pendant que Howard vendait du hasch à la tonne. Mais ensuite il est allé trop loin et il s’est fait serrer : elle en a payé le prix fort et a dû élever seule ses enfants pendant quinze ou vingt ans, sans lui. Les enfants aussi ont subi les conséquences de son mode de vie.
Il y a une grande expo rétrospective du travail de Larry Clark à Paris, l’expo vient d’être interdite aux moins de dix-huit ans. Quand tu repenses à Kids que tu as tourné avec lui, qu’est-ce qui te vient à l’esprit ? — Je trouve qu’il sort toujours du lot et que c’est un grand film. Il est très beau esthétiquement, il a un message très intéressant et il capture vraiment l’essence de New York dans les années 1990, dans une lumière très juste et vraie. Je crois que ce film restera pour longtemps une référence à la fois pour le cinéma et pour les adolescents. C’est un film culte qui a certainement marqué l’histoire du cinéma… Pourquoi ils ont censuré l’expo ? À cause de la nudité ou bien de la drogue ? Pour ces deux raisons et la jeunesse des sujets, je pense… Tu vois, ils ont fait la même chose à Londres avec les photos de Brooke Shields par Richard Prince.
Quel est ton rapport à la nudité ? — Ben, je n’avais aucun problème quand j’étais plus jeune mais au fil du temps, je suis devenue plus “self-conscious” et c’est plus difficile pour moi maintenant que je suis plus vieille parce que je me sens moins sûre de mon physique. J’ai déjà fait des photos nues pour Purple mais j’ai toujours choisi des photographes gay ou bien des femmes. Je n’aime pas trop me faire prendre en photo par un mec hétéro (elle éclate de rire).
L’intégralité de l’interview est à découvrir dans le nouveau numéro du magazine Blast, en kiosque !



















