Louis Vuitton a ouvert la semaine dernière à Londres la Maison New Bond Street, une “résidence d’art” signée Peter Marino, reflétant l’art de vivre de la marque. “C’est le magasin Louis Vuitton le plus luxueux au monde”, dixit l’architecte, qui a imaginé ce lieu exceptionnel de 1500 mètres carrés, réparti en trois étages, à la fois lumineux, accueillant et intime. Le choix de la rue New Bond Street est emblématique : c’est ici que le malletier a ouvert son premier magasin, il y a… cent vingt-cinq ans !
Cette nouvelle enseigne Louis Vuitton est un concept à part entière. Elle se fera l’écho de la vie artistique et culturelle londonienne. L’inauguration de la Maison accueillera des interventions d’artistes tels que Chris Ofili, lauréat du prix Turner, qui a conçu une œuvre inspirée de textes de slameurs londoniens, ou Michael Landy qui réalisera une sculpture temporaire. Seront également exposées des œuvres permanentes créées par des collaborateurs réguliers de Louis Vuitton, comme Takashi Murakami. Le deuxième étage, “l’appartement” sera orné de pièces de Jeff Koons, Basquiat ou Bertrand Lavier. L’art et la mode ne formeront, dans ce nouvel espace, qu’un seul et même langage.
Entretien avec Peter Marino :
En quoi la Maison New Bond Street est-elle unique ?
New Bond Street est l’une des rues commerçantes les plus luxueuses au monde – et le trafic est très important, pas seulement en termes monétaires mais également en termes de style, de goût et d’individus. J’irais jusqu’à dire que New Bond Street est l’endroit le plus sophistiqué de la planète pour le shopping. La Maison est, pour moi, le magasin Louis Vuitton le plus luxueux au monde. Pour relever ce défi, nous avons eu besoin de beaucoup d’espace, de beaucoup de lumière et de beaucoup de matériaux. Ce que nous recherchons à Londres, c’est un shopping plus moderne, qui n’en demeure pas moins un shopping de grand luxe. Tout le concept – et il est important que les gens le comprennent bien – se résume dans l’appellation de ce magasin ‘La Maison Louis Vuitton’. J’aimerais que les visiteurs s’y sentent chez eux. En y pénétrant, vous entrez dans un beau lieu dont une partie est conçue pour la détente et une autre qui est plus conventionnelle. Et peut-être qu’une troisième partie de la Maison est faite pour qu’on s’y déshabille.
Quels étaient les défis de la Maison New Bond Street ?
Nous en avons eu plusieurs à relever. L’un d’entre eux fut de relier deux immeubles, dont les sols en béton étaient à des niveaux différents, pour n’en faire qu’un seul. Un autre venait de la façade historique, que nous n’avions pas le droit d’altérer alors que je souhaitais un intérieur résolument contemporain. Nous avons donc construit une structure intérieure, une sorte de “peau” permettant de séparer le magasin de la façade. On pénètre dans la Maison depuis la rue par une passerelle qui permet de franchir l’intervalle entre la façade et la peau intérieure et symbolise l’entrée dans l’univers de Louis Vuitton. Je voulais aussi à tout prix faire pénétrer la lumière dans la Librairie, située au fond du premier étage. C’est pour cette raison que nous avons eu l’idée du puit de lumière, formidable pour la lecture.
Quels sont vos coups de cœur dans cette Maison ?
J’aime particulièrement ces petites touches qui font écho à la culture Louis Vuitton tout en rendant le shopping ludique. Il y a l’escalier en verre, à l’avant du magasin, entre la façade et la peau intérieure – c’est une véritable œuvre d’art animée d’images LCD diffusant des œuvres artistiques sans cesse renouvelées. Le mur de malles de dix mètres de haut, à l’entrée, s’inspire des espaces “Objets Trouvés” des anciennes gares. Les malles sont encore un peu poussiéreuses, mais ici nous avons bien fait les choses, avec du bois et du laiton. Disposer d’une grande hauteur et de beaucoup d’espace était formidable. Le Bag Bar est tout simplement génial. Certains magasins sont mortellement ennuyeux. Ici, nous voulons que les gens sourient. Je trouve amusant que les choses ne soient pas statiques, c’est pourquoi les sacs sont animés en rythme. Et puis il y a la sculpture de Murakami, et les planètes qui tournent autour – elles vous font vraiment rire.










