
Erin Wasson par David Mushegain
Garçon manqué devenu supermodel, Erin nous a reçu chez elle, à Santa Monica. C’est au naturel, photographiée par son ami David Mushegain, qu’elle évoque ses débuts sur les podiums, et le lancement de ses bijoux ethno-chic Low Luv.
Vous jonglez aujourd’hui entre trois carrières : topmodel, designer et créatrice des bijoux. Vous étiez pourtant partie pour être basketteuse professionnelle…
C’est vrai. Enfant, j’étais à fond dans le basket. Un vrai garçon manqué. J’ai été recrutée dès douze ans pour représenter l’état du Texas à un haut niveau de compétition.
Quelle élève étiez-vous ?
Très brillante. Je suivais même un programme d’éducation accéléré, ce qui veut dire que j’avais des cours de fac dès le lycée. Dans ma famille, l’éducation est primordiale.
Les femmes texanes ont la réputation d’être particulièrement coquettes. Cela a-t-il influencé votre esthétique ?
Il y a en effet une niche de femmes très coquettes à Dallas. Dans ma famille, on n’achetait pas dans les magasins chics. Ma mère m’emmenait chez T .J. Maxx, un magasin discount. Mais j’ai toutefois grandi entourée de cette culture de l’art et de la mode que les gens n’associent pas forcément au Texas. Petite, il m’est arrivé de rendre visite à des amis dans d’autres états qui pensaient que je me rendais à l’école à cheval. Dallas est pourtant une métropole riche, moderne et culturelle.
Comment avez-vous débuté dans le mannequinat ?
Mon père a envoyé mes photos à un concours de mannequin. Je travaillais pour des marques comme JCPenney. J’étais payée cent cinquante dollars par heure à quinze ans. Je croyais avoir touché le jackpot. Puis à seize ans, mon agence de Dallas m’a envoyée à New York. Je continuais quand même à jouer au basket et à aller en cours au Texas. Je recevais des coups de fil du Vogue italien me proposant du travail. Je leur répondais : “Je ne peux pas, j’ai un tournoi ce week-end”. Mais je dois mon “big break” à une série dans le Vogue US avec Mario Testino peu après mon arrivée à New Y ork. Puis il y a eu une exclu et une campagne Gucci vers 2001. À l’époque, j’avais une partie de ma tête rasée. Je faisais partie d’une nouvelle vague de filles aux physiques étranges (beaucoup étaient belges) et à l’allure androgyne comme Eleonora Bosé. Nous tranchions totalement avec la précédente génération de Brésiliennes sexy et parfaites.
J’ai d’ailleurs constaté que votre démarche a changé depuis. À cette époque, vous défiliez de façon très masculine.
(Rires) J’avais une démarche très agressive. Je ne savais pas ce que je faisais. Personne ne m’avait jamais rien enseigné, vous savez…
Même pas Jay Alexander ?
Non (rires). Andre Leon Talley avait d’ailleurs déclaré dans le New York Times que je martelais le sol comme une Texane. J’ai grandi depuis, et peut être que ma démarche a changé avec moi.
Comment s’est déroulée votre collaboration avec Alexander Wang ?
Ce fut un moment spécial. I l y avait longtemps qu’on n’avait pas vu ce mélange sexy-grunge. Notre dernière collaboration date de l’été 2008, lorsque j’ai fait les bijoux de corps pour son show. On s’est dit qu’il était important pour lui de passer à autre chose et de travailler avec d’autres stylistes. Lorsqu’on regarde les choses, on peut penser que tout ça était stratégique, car RVCA m’a contactée dès que j’ai arrêté de travailler avec lui. Mais tout est arrivé par hasard. Je n’avais rien calculé.
Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le numéro d’été du magazine Blast, en kiosque






