Culture // Cinema

Au singulier

Tom Ford


 Tom Ford photographié par Marilyn Minter

Tom Ford photographié par Marilyn Minter


Qui aurait pensé que A Single Man, librement adapté du roman de Christopher Isherwood serait plus qu’un film, un classique ? Que l’excellent Colin Firth, dans le rôle principal, allait donner à Tom Ford l’une des plus belles interprétations de sa carrière au point de recevoir un prix à la Mostra de Venise et aux Baftas à Londres. Déjouant tous les clichés qui circulent sur lui, le créateur de mode s’attaque aux grands thèmes de la mort et de l’absence, et prouve qu’il demeure à jamais insaisissable en s’offrant le seul luxe qui compte aujourd’hui : un chef-d’oeuvre.

Je viens juste de sortir de la projection de A Single Man, je suis totalement hypnotisé par l’esthétique et l’ambiance de votre film…
Par son âme aussi j’espère… Oui… Pour moi, l’important c’est l’histoire.

Oui, c’est très romanesque…
Très romantique.

Le film commence par un rêve. Vous dîtes souvent qu’on vit dans un monde matérialiste, mais dans ce film c’est un peu différent ; en tant que réalisateur, vous explorez l’immatériel ?

Oui, j’avais envie d’explorer ce côté parce qu’effectivement on vit dans un monde matérialiste… Cependant, une partie du Moi habite un autre monde. D’une certaine manière, on est composé de deux parties : une partie physique, la partie qui meurt, et une autre partie qui vit une vie antérieure, une vie après… L’esprit. Ce film parle de l’esprit, et dans un sens, c’est l’esprit au début du film qui regarde le Moi matériel passer sa journée. Et ce Moi commence à se connecter avec d’autres personnes. Cette personne dans l’histoire est quelqu’un de très déprimé qui n’envisage pas son avenir. Il ne voit pas, il n’y a pas de couleur dans sa vie, ça ne marche pas. Il décide donc de quitter ce monde. Et grâce à cette décision, il passe sa journée à vraiment regarder toutes les choses… Et là, la beauté du monde commence à l’attirer. Il se met à analyser les gens dans les yeux – c’est pour ça que nous avons des yeux partout ! à ce moment-là, tout d’un coup, il se connecte avec les gens et à mesure que la journée se déroule, il se rend compte qu’il a eu une vie formidable, qu’il a eu des merveilleuses rencontres, et il comprend sa place sur Terre et ce qui est important dans le monde… Il expérimente une sorte d’épiphanie, où il a l’impression d’être complètement connecté et en paix, et au risque de gâcher l’intérêt de l’histoire, il meurt, parce qu’il n’a plus besoin de vivre. Il aurait pu vivre encore vingt ans, mais il ne retrouvera jamais un moment où tout est si clair, où tout a un sens… Donc il disparaît. Alors pour moi ce n’est pas une histoire triste, c’est une histoire romantique qui finit bien.

Comme la vie ?
Oui, c’est la fin de votre film, un jour vous serez dans les derniers instants de la vie, moi, j’y arriverai, tout le monde y arrivera. Et si on garde ça en tête, chaque jour de la vie… On se demande si on a vraiment besoin de cette personne dans sa vie ? Je ne l’aime même pas… Mais vous savez, on peut peut-être profiter plus de la vie et comprendre les choses importantes, si on se souvient qu’un jour, ça va être tout ce qu’on possède. L’âme continue mais le Moi physique s’arrête.

Vous avez choisi d’adapter un roman de Christopher Isherwood, pouvez vous nous parler de votre relation avec ce livre ?
Je l’ai lu quand j’avais vingt ans et je l’ai adoré. Ce qui m’a plu à ce moment-là, c’était le personnage de George, un personnage magnifiquement écrit… J’ai rencontré Christopher Isherwood peu après, et rapidement j’ai lu toute son oeuvre. Il y a cinq ans, à l’époque où je cherchais l’idée de mon premier film, il me fallait trouver la voie en tant que réalisateur… Je me connais en tant que styliste, mais j’ai dû me demander qui avait besoin de voir un film de Tom Ford ? Qu’est-ce que ça peut faire ? C’est quoi un film de Tom Ford ? Ça veut dire quoi ? Qu’est-ce que je vais raconter ? J’ai vraiment dû réfléchir à ce qui me passionne, me poser les bonnes questions. Qu’est-ce que j’ai besoin de dire ? Qu’est-ce que j’adore dans un film ? Qui j’admire parmi les réalisateurs ? Quel genre de film me plaît ? Les films où les personnages parlent, me parlent-ils ? Est-ce que j’aime les personnages ? Et ainsi, ça m’a pris longtemps, j’avais quelques options de romans, j’avais lu tous les scénarios qui circulaient en ville, des gens m’envoyaient tout le temps des scénarios où tout était dans l’esthétique, sans rien à l’intérieur. Un jour où je conduisais pour aller au bureau, j’avais ce livre en tête et j’y ai pensé… Vous savez, je pense à ce livre tout le temps, je l’ai relu, il m’a ému à nouveau, vingt ans plus tard. L’histoire d’un homme en pleine crise de la quarantaine, qui ne voit pas son avenir… J’ai dû faire un gros travail d’adaptation parce que rien ne se passe dans le livre, pas de suicide, rien… Il ne meurt même pas à la fin. On pense qu’il pourrait mourir mais tout est dans sa tête, le roman entier estcomposé de ses réflexions. C’était donc très dur de l’adapter, j’ai dû créer des scènes qui permettaient de capter visuellement ce qui se passait dans sa tête… J’avais l’impression que c’était la bonne histoire.

On voit beaucoup d’enfants dans le film, qui montrent souvent la violence et le jugement de leurs parents… Est-ce que vos valeurs ont de telles origines ?
Au début du film, le personnage de George est vraiment déprimé, il voit ces enfants comme des créatures perverses, qui lui veulent du mal. En réalité, ils ne sont pas comme ça, ce sont juste des enfants. Plus tard, il se met à vraiment les observer, et à les apprécier ; il revoit la même petite fille et elle est simplement belle, et douce. Ils bavardent gentiment. Mais au fond vous avez raison, toutes nos valeurs viennent de l’enfance. Je pense que je suis né d’une certaine manière et que je serais pareil même si j’avais été élevé par d’autres parents. Chacun a son âme et on l’a depuis la naissance. Après, bien sûr, on découvre un autre niveau de valeurs pendant l’adolescence, c’est clair…

Votre goût vient donc de votre enfance…
Oui, mais pas de quelque chose que quelqu’un m’aurait appris. Quand on est petit et que tout d’un coup quelqu’un entre dans une salle, on pense, “Waouh ! Cette personne est si belle !” Et pour toujours, votre idéal de beauté sera comme dans ces premières fois où vous avez rencontré la Beauté ; ça ce n’est pas quelque chose que quelqu’un peut vous apprendre, il s’agit d’une chose à laquelle on est exposé. En tant que styliste, vous créez un personnage et vous lui donnez un style.

Comme réalisateur, vous envisagez un personnage et vous lui donnez la vie, et la mort. Comment abordez-vous ces deux aspects de la création ?
Ce sont deux choses totalement distinctes pour moi. En tant que styliste de mode, je me suis toujours dit que j’étais un designer commercial. Artistique, mais commercial ; le but est de créer une veste et de la vendre. Oui, le travail peut être artistique mais il s’agit surtout de vendre. Il y a des stylistes qui sont artistes, ils créent quelque chose qu’ils doivent imaginer. Soit ils le vendent, soit ils ne le vendent pas, mais ça reste de l’art pour eux. Ce film est pour moi la première chose que j’ai jamais créée… Oui, je veux que les gens aillent le voir parce que je l’aime, mais je ne l’ai pas créé pour qu’il soit vendu ! Si tel était le cas, j’aurais réalisé Terminator 14, vous voyez, ou n’importe quelle superproduction. Pour moi, il était question d’expression pure. Il s’agit donc de répondre à deux exigences totalement différentes. Certains disent de moi que je suis “un maniaque du contrôle”, je déteste cette expression, parce que quand on imagine des chaussures et qu’elles portent votre nom, il faut qu’elles soient complètement comme vous les vouliez : le talon doit être exactement le talon choisi, le bout doit être exactement le bout choisi, pas quelque chose de fait par un de mes assistants. Donc oui, j’aime le contrôle et j’aime créer des choses.Si ça vous plaît, de créer une mode, de décider si les gens vivent, s’ils meurent, à quoi ils ressemblent, comment ils s’habillent, comment sont leurs âmes… C’est ce qui se rapproche le plus de Dieu (rires). Dans la mode, vous voyez une belle femme qui porte quelque chose de complètement nouveau : la première fois qu’on voit ça… c’est waouh ! Trois mois plus tard, elle est toujours belle. Six mois plus tard, elle porte toujours la même chose. Un an et demi plus tard, elle le range au fond de l’armoire. Trente ans plus tard, on entre dans un musée et… “ah, c’est tellement intéressant, regarde la coupe, c’est incroyable, il était cool cet homme, il était vraiment en avance sur son temps”… Il n’y a pas cette émotion… Mais on fait un film, et dans cinquante ans, on va le mettre dans un lecteur DVD, ou quelque soit l’appareil de cette époque, et ah ! Tout d’un coup on rit, on pleure… Mais non ! Fait pas ça ! Arrête ! Mon Dieu ! Regarde ! Ah ! Et ces personnes sont mortes ! Et donc, ça dure pour toujours. On crée un univers alternatif pour toujours, toujours, toujours. Mon film, A Single M an, est là pour l’éternité ; mes chiens, ce sont mes chiens dans le film et ils resteront ainsi à jamais vivants car dorénavant ils seront toujours, toujours, toujours, toujours, toujours là. Et ça, c’est tellement intéressant quand on est quelqu’un qui aime créer des choses.

Cette envie de créer, et plus particulièrement de faire du cinéma vous est venue à l’université, dans les années 80 ?
1979 pour être précis. Je voulais être vedette de cinéma ! (rires) Je ne voulais pas être acteur, je voulais être une vedette de cinéma. J’étais tout gamin, et une fois arrivé à New York, j’ai voulu étudier l’Histoire de l’Art. ça m’a pris du temps pour décider ce que j’allais faire, mais j’adorais l’art et c’est un peu par hasard que je suis devenu acteur. Une relation m’a envoyé à une audition, on m’a tout de suite offert le job et ça a démarré… Mais avec des publicités qui passaient à la télévision. Je n’étais pas un vrai acteur, vous voyez, mais j’ai vendu beaucoup de choses et j’ai gagné beaucoup d’argent. Je sortais tout le temps dans les clubs, j’ai même abandonné la fac pendant trois ans ! Puis j’y suis retourné et j’ai étudié l’architecture à la Parsons. Par la suite, j’ai habité à Paris pendant un été, un an à l’American College et à la Parsons de Paris.

Pour étudier le design ?
Oui, pour apprendre le design environnemental, mais c’était en fait, une licence en architecture. Puis j’ai fait un stage chez Chloé et j’ai décidé…”hum, la mode, je suis mieux dans la mode”, et comme ça je suis devenu styliste.

Aujourd’hui, ça vous dirait de faire l’acteur pour de vrai ?
Non, j’aime être de l’autre côté.

Dans l’un de vos propres films… peut-être ?
Pourquoi ? Non, je n’ai aucun désir d’être acteur.

Et comment vous trouvez vos acteurs ?
En fait, j’ai beaucoup de chance pour celui là, parce que je les connaissais tous. J’ai donc envoyé un mail à Julianne et un à Colin, je leur ai envoyé le scénario par Fedex, et les deux ont répondu positivement en 24 heures… J’ai écrit le rôle spécialement pour Julianne. Je ne lui ai pas dit que je faisais ça, mais je l’ai écrit. Colin était pour moi parfait, parce qu’il est George. C’est une personne à la surface, mais dans ses yeux c’est un authentique romantique. Vous avez toujours surpris votre public avec vos campagnes de publicité provocantes vous semblez toujours être sensible à votre intuition. Qu’est-ce que vous attendez de la réaction du public dans les salles de cinéma ? Je ne sais pas, j’ai toujours cru que si on travaille avec énormément d’amour, qu’on fait de gros efforts et qu’on y croit, les gens le ressentent. On ne peut pas l’imiter, même dans une collection de mode. Ça m’est arrivé de ne pas y pas croire, mais les gens se rendent compte, ils ressentent quand ce n’est pas honnête. La réaction du public est très importante pour moi, j’ai consacré plus d’amour à ce film qu’à toutes les autres choses que j’ai faites dans ma vie. à voir si le public en aura conscience quand il le verra !

Vous avez tourné en seulement vingt jours. C’était intense, non ?
Vingt-et-un exactement ! C’était très intense, oui… Mais après j’ai mis cinq mois à l’éditer.

Qu’est-ce qui vous a le plus plu ? L’écriture ? Le tournage ? Le montage ?
J’ai tout adoré, vraiment tout. J’ai écrit le scénario pendant un an et demi. J’ai écrit, réécrit, réécrit, encore réécrit, arrêté… Je l’ai repris encore et j’ai réécrit, réécrit, réécrit… J’ai aussi adoré le montage. Chaque moment, sauf la promotion (rires) Vous êtes connu pour contrôler toute la stratégie commerciale de vos créations… Oui, la prochaine fois je vais aussi contrôler la distribution du film.

C’était la question suivante…
C’est ça qui a été la partie la plus douloureuse, parce que c’est le contraire de la mode. Dans la mode, prenez Chanel par exemple, ou Gucci, ou Tom Ford : on est propriétaire de nos propres boutiques, mais parfois on a aussi une franchise, en Russie, à Dubaï. Moi j’en ai une à Dubaï et même une en Russie. Dans ces boutiques, s’ils font une fête, ils doivent utiliser les fleurs que j’aime, qui ont été approuvées, elles sont là dans un petit livre que je leur donne et où les moindres détails sont indiqués précisément, jusqu’aux verres, la taille de l’invitation, tout. Comment mettre en scène les vêtements ? Il faut les exposer exactement comme je veux. S’ils veulent faire une publicité dans un journal, ils doivent préparer la maquette, puis l’envoyer à mon bureau de New York où on la valide. Parce que c’est à nous de contrôler l’image, dans tous ses détails. Ce sont ces détails qui donnent envie aux gens d’entrer et de revenir dans nos magasins.  Ça a été très dur pour moi de faire un film et d’avoir à le donner après. Ils ont été très bien chez Mars Film à Paris, mais j’ai Icon au Royaume Uni, j’en ai un autre en Espagne, encore un autre au Japon, et chacun a ses propres idées sur le marketing, ce qu’il veulent changer sur l’affiche. Ils veulent faire la publicité dans les magazines sans bien y réfléchir… Ça me rend fou. Ça a été épuisant, parce que parfois je ne suis pas d’accord avec eux et pourtant ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Alors la prochaine fois, je trouverai un moyen de faire la distribution moi-même. Dans trois à quatre ans, il sera facile de distribuer son propre film, personne n’utilisera plus la pellicule et les salles seront équipées d’un serveur très sophistiqué. Pour la première semaine d’exploitation, vous transférez suffisamment de séances. Les salles les intégreront dans leur serveur et ils pourront ainsi projeter le film. Ensuite, s’ils veulent prolonger, ils le pourront tout simplement grâce à leur unité centrale. C’est la même chose pour la publicité. Elle passe de plus en plus par le Web, et c’est de plus en plus facile de la contrôler. Donc peut-être que si j’attends encore trois ou quatre ans, je pourrai distribuer le film moi-même !

Revenons à votre film, la musique y joue un rôle important…
Tellement, tellement important. Le bruitage aussi. Le son est très important, tout d’abord parce que dans le roman, A Single Man, tout est dans la tête de l’homme, et j’ai dû réfléchir à plusieurs manières de faire que le public ressente les choses. Donc en premier lieu, on change les scènes pour qu’on ait une histoire visuelle. Ensuite, musique et émotion sont au programme. La musique est si émotionnelle, que parfois les gens ne connaissent même pas ce qu’ils écoutent, ça change tout simplement leurs émotions. La couleur : la manière dont on passe de l’absence de couleur quand on est très déprimé, à autre chose de très intense, quand on  commence à retrouver cette couleur, est très très important. Concernant le bruitage, plein de fois les gens ne sont même pas conscients des bruits. Si nous n’étions pas là, à Paris, si nous étions ensemble à New York, nous serions un petit peu plus agités, parce que maintenant, écoutez… Silence ! Si on était à New York, vous auriez eu peut être du mal à m’enregistrer, les bruits de sirène, de voiture… (Tom imite le bruit de la ville : bam bam, wouiiiiii wouiiiiii chh, aah, brr, aah…). Et on pourrait même nous y habituer, peut-être on ne les entendrait même plus, mais ça affecterait malgré tout notre comportement. C’est sans doute la mode qui m’a appris ça un peu, parce que la musique a un rôle-clef dans un défilé. On pourrait défiler avec les mêmes habits sur trois genres de musiques et on aurait un show totalement différent, parce que cette dernière est là comme support aux sensations, aux émotions. C’est comme ce matin, vous m’avez demandé, si à dix heures ce n’était pas trop tôt pour voir mon film ? Mais vous êtes toujours dans vos rêves, et avec ces sons, et ces images, vous pouvez vous sentir très bien… Alors peut-être devrait-on le projeter à 8h avec un café ?

Encore endormi…
Avec du café, des croissants… Vous savez, pour moi 10 h c’est comme 8 h pour une personne normale …

Pour moi aussi. Mais plutôt 16 h, comme 10h… Je reste debout toute la nuit ! Et quel genre de musique écoutez-vous ?
Ah, j’écoute plein de choses… J’écoute de la musique pop, cheap, je n’écoute pas autant la musique classique, même si j’ai vécu avec un compositeur (rires). J’adore, même si je n’en écoute pas beaucoup.

Qui est le musicien qui a composé la BO ?
Shigeru Umebayashi, c’est lui qui a fait la musique de In The Mood For Love. Je l’ai invité à Los Angeles, il s’est assis, a regardé le film un nombre de fois incalculable. Il a seulement pu faire que quelques compositions, étant engagé par ailleurs. Il a écrit des pièces remarquables, notamment celle où George conduit vers l’école où il enseigne, avec un bruit de métronome… Et ce morceau où il marche parmitous les étudiants avec cette composition. Mais après, j’ai dû trouver quelqu’un pour écrire la partition, un compositeur merveilleux, un Polonais qui habite à Los Angeles. Il a 38 ans, il s’appelle Abel Korzeniowski et n’avait jamais fait de long métrage auparavant. C’est un génie. On a enregistré à la Warner, avec un orchestre de 90 musiciens, nous nous sommes bien amusés, c’était génial !

Quelles seraient vos cinq chansons fétiches ?
Hum, je ne réponds jamais à “quels sont vos dix meilleurs”… Quels sont vos trois acteurs préférés ? Vos cinq meilleurs… Quelles sont vos deux destinations préférées pour passer les vacances ? Vos six meilleurs… Ah, je déteste tout ça…

Je sais, pardon d’insister, mais c’est très intéressant de connaître les goûts musicaux non pas d’un musicien, mais ceux d’un architecte, d’un plasticien, et surtout de Mr Ford…
Ok, ok, mes cinq chansons de tous les temps ?

Please !
Slave to Love
, par Bryan Ferry. Numéro un. Numéro deux, Killing Me Softly, par les Fugees. Numéro 3, je ne sais pas, je devrais y réfléchir et vous l’envoyer par mail.

Je suis sûr que…
Non, vraiment, il me faudrait vraiment, vraiment, vraiment penser à ce que sont mes chansons préférées. Je veux dire, j’écoute souvent des choses tout à fait banales…

J’adore aussi Slave to Love !
Slave to Love
est ma chanson préférée, je pourrais l’écouter et la réécouter, encore et encore. Ça rendrait Richard fou. Richard est celui avec qui je vis depuis 23 ans, vous le connaissez, il est journaliste, il était chez Vogue Hommes, Richard Buckley… Ça le rend fou, Slave to Love, je le passais tout le temps, tout le temps…

Je voudrais vraiment le remercier, car c’est grâce à lui que je vous ai rencontré ! Au Vogue, il faisait équipe avec Michel Mallard, mon ancien directeur artistique.
Ah, je lui dirai, je lui dirai. Mes chansons préférées… La plupart datent des années 70. Je dois tout de même mentionner que la chanson de Beyoncé, Crazy In Love, sera pour moi, probablement même à mes 80 ans, une chanson toujours géniale. Ah, et les Bee Gees aussi, j’aime bien ce genre de musique de discothèque pure.

Et vos projets… Après la promo du film ?
Toujours designer, styliste, et peut-être commencerai-je bientôt à designer des habits pour les femmes, ça me manque…

Alors c’est vrai, on entend des bruits de collaboration…
Oui, mais je ne sais pas exactement “quand où comment”, je veux le faire différemment, j’ai déjà fait assez de défilés de mode… Et après je veux faire un nouveau film dans deux, trois ans. Je travaille actuellement sur quelque chose, mais ça va prendre encore un an pour terminer le scénario, un an de plus pour distribuer les rôles, donc peut-être d’ici trois ans j’aurais un nouveau film…

 

 

 

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