Culture // Cinema

Ange et démon

Nicholas Hoult

Rencontre avec Nicholas Hoult, nouvelle égérie de Tom Ford, au coeur du Shoreditch House, club très privé de Londres au design chic et décalé. Du beau gosse manipulateur et sûr de lui de la série Skins au jeune éphèbe en pleine recherche d’identité du premier film de Tom Ford, A Single Man, Nicholas Hoult, jeune anglais de vingt ans, a su devenir l’un des acteurs les plus attachants de sa génération. Après ce rôle d’étudiant fragile et ambivalent, Nicholas s’attaque aux blockbusters dans le remake du Choc des Titans, par le réalisateur Louis Leterrier.

Comment s’est passée ta rencontre avec Tom Ford ?
J’ai envoyé une démo aux États-Unis pour le rôle de Kenny. Une semaine plus tard, j’ai reçu un mail de Tom qui disait combien il avait aimé la vidéo. Quelqu’un m’a contacté quelques jours plus tard pour me demander si je pouvais prendre
l’avion pour Los Angeles et dîner avec Tom afin de discuter du scénario.

Quel genre de metteur en scène est-il ?
Grâce à son passé dans la mode, Tom Ford sait parfaitement comment faire exister une idée, la mettre en forme, et la transmettre de manière précise à son équipe. Il a fait un superbe travail d’adaptation du livre, ce qui donnait au final un scénario qui lui était très personnel. C’est un homme extrêmement intelligent avec un regard brillant sur le monde et un remarquable talent de réalisateur. C’était très délicat de traduire l’histoire d’un livre en image, Tom a su trouver les moyens, comme la saturation des couleurs, le ton du film, pour permettre au spectateur de voyager dans la vie de George.

Qu’est-ce qui t’a séduit dans le rôle de Kenny ?
Kenny a été très attachant à jouer. C’est un personnage très intéressant et plein de vie, très réservé malgré sa manière d’agir à contre courant. Il se pose des questions intelligentes sur le monde et sur ses propres émotions. Tous ces éléments, sa personnalité, sa relation avec George font de lui un personnage fascinant.

Ton personnage dans le film est très proche de celui de Colin Firth, comment était-ce de jouer avec lui ?
Colin est un acteur fantastique, très subtil et à la fois très présent, captivant sur chaque séquence. Il était très agréable sur le tournage, mettait tout le monde à l’aise en créant une très bonne ambiance de travail. Et c’est surtout quelqu’un de très drôle, capable de tourner en dérision toutes les scènes un peu embarrassantes qu’on avait à tourner.

Pourquoi penses-tu que Kenny est tellement fasciné par George ? Sur quoi leur relation est-elle basée ?
Ce sont deux personnages qui réfléchissent beaucoup et qui se sentent très seuls. Mais George vit dans son passé alors que Kenny est quelqu’un de profondément ancré dans le présent. C’est pour cela que lorsqu’ils créent cette connexion, ça provoque un espèce de sentiment rare et excitant.

Le public te connaît d’abord pour ton rôle dans Skins, dans lequel tu incarnais Tony, un personnage qui a marqué toute une génération d’adolescents, ce rôle et l’univers de cette série doivent te paraître loin à présent ?
Le tournage de Skins était très drôle, c’était une super aventure de se retrouver à travailler avec une bande de jeunes de son âge pour la plupart. On s’est énormément amusé et on a grandi ensemble. Je suis toujours en contact avec eux, c’est très intéressant de voir les différentes voies que chacun prend aujourd’hui. Pour ce qui est du personnage de Tony, j’ai du mal à m’identifier à lui, même si je pense qu’au fond, il essaie tout autant que moi de comprendre le monde.

Après l’atmosphère très intime de A Single Man, tu vas jouer dans la réadaptation du Choc des Titans, une gigantesque saga avec des hordes d’acteurs, de figurants et d’effets spéciaux… ça doit être une expérience à part…
J’avais besoin de travailler sur un film complètement différent sous plusieurs aspects. J’ai adoré cette expérience qui m’a énormément appris. J’ai hâte de découvrir le film dans sa version finale. En tant qu’acteur, toutes ces performances sont très différentes, mais elles prennent toutes racine sur les mêmes bases, les mêmes idées. Pour moi, ce qui compte c’est que le scénario soit bon et surtout que le rôle soit intéressant. Je choisis également mes projets en fonction des gens avec qui j’aurai à travailler, dans la mesure où un long-métrage, c’est toujours une histoire de collaboration.

On t’a découvert très jeune dans Pour un garçon avec Hugh Grant et Toni Colette. Qu’est-ce qui t’a donné envie de continuer à faire du cinéma ?
J’ai très peu de souvenirs de ce tournage, je me rappelle que tout le monde s’occupait de moi sans arrêt et que les frères Weitz sont de brillants réalisateurs. Quand je regarde en arrière, c’est un peu comme une expérience hors de son propre corps. J’ai commencé très jeune, c’était un loisir au départ, mais j’ai tellement adoré ça que j’ai continué. Il n’y a pas eu de moments décisifs où je me suis vraiment dit que je voulais devenir comédien. Ce que j’ai essayé de faire, c’est de saisir toutes les opportunités qu’on m’a offertes.

Qu’est-ce que tu fais de ton temps quand tu ne tournes pas ?
J’ai continué les cours jusqu’à l’age de dix-sept ans, j’ai donc eu une vie plutôt normale. Quand je ne tourne pas, j’essaie de me détendre, je regarde des films et j’essaie surtout de faire des choses que je n’ai jamais l’occasion de faire.

Tu es dans la nouvelle campagne pour les lunettes Tom Ford, comment s’est passé le travail avec lui, hors d’un tournage de film ?
Tom Ford est un génie dans tout ce qu’il entreprend. Je ne suis pas très doué pour les séances photos et il m’a beaucoup facilité les choses, il a transformé ce shooting en quelque chose de ludique, comme un jeu.

 

 

 

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