Un mois avant que ne soit dévoilée la Palme d’Or au festival de Cannes, le Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand évoquait Apichatpong Weerasethakul, le réalisateur thaïlandais de Tropical Malady, de ce mystérieux Uncle Boonmee, dans un entretien à paraître dans le numéro d’été du magazine Blast.
Quel est votre coup de cœur cinéma en ce moment ?
J’ai une trentaine, voire une quarantaine de repères, ce sont des gens à qui je pense tout le temps… Je pense notamment à Apichatpong Weerasethakul, vous devriez l’interviewer, il sera à Cannes cette année. Voilà un des grands créateurs de notre époque, trente cinq ans ! Il présente son quatrième long métrage, a déjà gagné deux prix, à Cannes et à Berlin, et au mois de janvier il avait une installation remarquable au Musée d’Art Contemporain de la ville de Paris. Et là aussi ce sont des gens qui sont dans de petites économies (…) Apichatpong, je suis allé le voir dans sa maison perdue dans la jungle à mille kilomètres de Bangkok, il a son ordinateur, son petit chien, son copain, il est d’une intégrité absolue. Comme il est très concentré sur ce qu’il fait, il a toujours trouvé de l’argent pour faire ses films. Pour Oncle Boonmee il est dans une économie plus importante déjà; grâce à une certaine reconnaissance en France, il a des relais en Allemagne, un peu partout (…) Quand j’avais l’âge d’Apitchapong, j’étais très copain avec Werner Schroeter, toute cette bande là… Je les vois soit s’éteindre, soit disparaître, ou alors être en pleine gloire, une espèce de gloire qui les statufie, comme Wim Wenders, qui donne des cours… Disons qu’il y a une espèce de sève incroyable de la jeunesse, dont ce réalisateur thaïlandais fournit une brillante illustration.



