Culture // Cinema

Le nouveau Monde

George Walker


À l’occasion de la 2ème édition du festival documentaire de Caracas, le cinéaste vénézuelien George Walker revient sur son film Maria y el nuevo mundo, et sur l’un des mythes fondateurs du “Nouveau Monde” : le rêve d’une vie meilleure et sa promesse d’avenir.

Récit vieux comme le monde, la quête de la terre promise guide l’homme dans son errance post-édénique. Récit infini, sans cesse réinventé par les hommes et leurs désirs, éclaté en mille histoires individuelles. Changeant, soumis aux contingences et aux destinées de chacun, le rêve survit et nous survit. Maria y el nuevo mundo, c’est d’abord l’histoire de la colonie Tovar, un  village allemand au milieu des Tropiques. Bâti au XIXème siècle par des pauvres paysans de Bavière partis à la recherche d’une vie meilleure, le village restera pendant un siècle imperméable au temps qui passe… Isolés, vivant en autarcie, les colons continuent à parler allemand entre eux, travaillant la terre… C’est en 1990 que George Walker découvre cet étrange monde cristallisé : “De mon premier voyage je garderai des visions insolites, comme celle d’un village du sud de l’Allemagne juché en pleine forêt tropicale… Celle des gens qui vivaient hors du temps et de l’espace”.
C’est ici qu’une autre histoire commence. Histoire de l’œil et de la mémoire, d’un regard suspendu entre souvenir et réalité… Car en revenant sur les lieux quinze ans après pour filmer les images qu’il gardait en mémoire, il ne retrouve plus “cet esprit si authentique”. Transformée en un parc d’attractions touristique, la Colonia Tovar n’a rien de vrai… “Je me retrouve avec ma caméra à faire le tour du village, à la recherche de quelque chose d’authentique… Jusqu’à ce que je tombe à la périphérie de celui-ci, devant la déchetterie. Là je fais une rencontre, Maria, une femme vénézuelienne de 40 ans qui vit du tri des déchets”. Elle aussi rêve d’une vie meilleure, attend le jour où pourra enfin récupérer sa fille, avoir une vraie maison… Mais c’est encore tout un autre rêve, toute une autre histoire.

Pourquoi Maria y el Nuevo mondo?
Au départ, je voulais faire un film sur une colonie allemande au milieu de la jungle au Venezuela. Des allemands qui sont restés isolés pendant cent ans. En arrivant là, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais, mais je suis tombé sur Maria et sa fille. J’ai voulu faire un film sur cette rencontre.
 
Le personnage principal de ton documentaire vit dans une déchetterie. Qu’est-ce qu’a signifié pour toi de filmer cette réalité?
Il n’y pas signification particulière. J’ai principalement filmé une femme. Ma rencontre avec cette femme. Elle vit dans cette décharge, mais même si c’est important, c’est secondaire pour moi. Elle aurait pu vivre ailleurs et je pense que j’aurais fais le film sur elle.

Dans ton documentaire, le réalisme acquiert une dimension poétique.  
Réalisme et poésie ne sont pas contraires. Ils peuvent se conjuguer ensemble à l’infini. Je n’aime pas les définitions étroites ou sectaire sur le film documentaire. Je pense qu’on peu avoir la même liberté qu’on a dans la fiction.

 

 

 

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