Culture // Cinema

Effet garanti

Enter the Void

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Enter the Void réalisé par Gaspar Noé, dont la sortie est enfin fixée au 05 Mai, était en compétition au Festival de Cannes 2009. Soudain le vide, soudain le plein, Paz de la Huerta flotte dans cette odyssée sexuelle, mystique et narcotique.

On pénètre dans le dernier Gaspard Noé avec une sensation de trop-plein. Celle que l’on peut avoir quand on est particulièrement loaded, chargé, raide. La caméra suit les acteurs, quand elle ne prend pas la fuite pour coller au plafond. Du grain, des strobos, une définition presque floue : bienvenue en plein trip sensoriel. Pas de jour, juste le noir, les intérieurs nuit de Tokyo, mais ce pourrait aussi bien être ailleurs, dans n’importe quelle mégalopole (Noé a un moment pensé à délocaliser le set à New-York). Un apprenti dealer, sa soeur, un ami, un gosse qui vous colle aux basques pour mieux vous dénoncer au petit jour, une arme à feu et beaucoup de chimie. Des acteurs aperçus plus que dévisagés. Des formes mouvantes.
Le scénario les présente comme des orphelins du monde qui les entoure : ils ont du mal à exister, et la drogue les aide à ressentir cela : la sensation d’être tenu à distance des autres. Derrière l’image, les drones synthétiques

pilotés par Thomas Bangalter (Daft Punk) que l’on n’avait jamais entendu dans une veine aussi planante. Le film tient à peu de choses, étirant sur la durée les quelques éléments avec lesquels il fait corps. Mais il se noie dans son voyage. Pourtant, on a parfois le sentiment que Noé arrive à son but. L’accueil cannois fut frileux. Il faudra nous l’expliquer : Noé a fait une proposition. Il sait que l’on est pas obligé de l’accepter (il n’a d’ailleurs jamais cherché le consensus, pas son genre).
Mais sa proposition possède un tas de mérites : le plus important reste de prendre un pari esthétique casse gueule (la caméra subjective, l’obscurité) et de ne pas le lâcher en chemin. Sa beauté, c’est de justement laisser son dispositif l’emmener, et nous avec, par delà le récit ou le découpage, dans une région où Noé lui-même n’a pas encore idée de ce qui l’attend. Enter The Void colle esthétiquement à son sujet : le film fait de l’effet.

 

 

 

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