Le cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul a remporté la palme d’or pour son film Uncle Boonmee Who Can Recall His Past Lives. Déjouant la majorité des pronostics, sauf ceux de Blast qui le donnaient gagnant, “Api” a su convaincre le savant jury (Burton, Carrère, Erice…) de cette 63ème édition du plus grand festival de cinéma du monde par une œuvre d’art puissante et unique. On ne peut que se réjouir de voir un film de cette liberté là remporter le plus prestigieux prix de Cannes. Mais quelle est la singularité de cette œuvre ?
Sa construction, comme celle de tous les films du thaïlandais, est moins narrative que sensorielle. Devant un tel film, inutile de chercher les liens de causes à effets, il s’agit avant tout d’un travail visuel extrêmement soigné, imaginé par un plasticien formé à l’école des beaux-arts de Chicago. “Uncle Boonmee” était, selon les dires de son créateur, le chaînon manquant à son travail d’installation ‘Primitive’ présenté, entre autre, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris fin 2009. Le film bouleverse par son audace et son inventivité ; c’est un chemin que nous, spectateurs, parcourons les yeux grands ouverts, ébahis devant cette merveilleuse histoire de l’oncle Boonmee. Surprenant à bien des égards, le film est une œuvre envoûtante et onirique, précieuse dans le paysage cinématographique mondial, qui méritait amplement son pesant-palme d’or.
Blast reviendra plus longuement sur le film et sur son créateur dans les prochaines semaines avec des photos et une interview exclusive.






