Culture // Art

Amanda the Beautiful

Jeremy Kost à la Galerie Nuke

 

Icône absolue de la scène New-Yorkaise, Amanda Lepore est la star de la nouvelle exposition de l’artiste Jeremy Kost à la Galerie Nuke. Rencontre avec ce jeune photographe, Warolhien par hasard. 

Né à Corpus Christi au Texas, Jeremy Kost était, comme les héros des chansons de Lou Reed, prédestiné à monter un jour à New York. Photographe par accident, ou plutôt pour masquer sa timidité dans les clubs et parties à la mode où il fut entraîné dès son emménagement, ce Rastignac warholien a commencé par immortaliser les people, armé d’un polaroïd, avant de s’attaquer trois ans plus tard aux garçons nus avec la même et touchante candeur. Qui s’en plaindra ? 

C’est quoi tes origines ? 

Je suis né à Corpus Christi, dans le Texas, près du Nouveau Mexique. Ma mère est d’origine hollandaise et espagnole, mon père a des ascendants russes. Comme j’ai la peau mate, on pense que je suis mexicain. J’ai grandi dans une banlieue de Houston, puis j’ai été à l’école à Dallas et à l’université à Washington… 

Gamin, tu préférais lire ou faire du sport ? 

Pas lire, car j’ai le plus grand mal à me concentrer sur quoi que ce soit, mais je jouais beaucoup au basket, je suis devenu assistant personnel d’athlètes et musiciens, je répondais à leur courrier de fans. En fait, ce que je voulais, c’était pouvoir inviter des mecs mignons aux matches… C’était assez pathétique. 



Tu vas chez un psy ? 

J’essaie de résoudre mes problèmes à travers mon travail. Je revois comment je photographiais avant, comment je compose une image aujourd’hui, et ça m’apprend… Pourquoi je photographie des go go boys ? Pourquoi je ne montre que des parties du corps ? C’est l’assistant curator du MoMa qui m’a fait réaliser ça. 

Ta passion pour la photo date de quand ? 

En fait, ça a commencé, il y a cinq ans, quand j’ai déménagé à New York. À Washington, j’étais ami avec le DJ Scott Johnson, dont le boyfriend, Pedro, vivait justement à New York. J’ai commencé à lui rendre des visites le week-end, il était vestiaire et barman dans un club gay de l’East Village qui s’appelait The Cock. Aujourd’hui il est mannequin et joue dans des séries télé… À l’époque, il avait un appareil photo Polaroïd et comme j’étais timide, je me suis mis à photographier les gens dans ce club, c’est comme ça que j’ai abordé la première fois Amanda Lepore ou David La Chapelle : en leur demandant si je pouvais les photographier. À New York, personne ne me connaissait, alors qu’à Washington, je faisais la porte de la plus grande party gay hebdomadaire que j’organisais avec des amis le samedi soir. La photo pour moi, a donc d’abord été un outil social…. 



Qu’est-ce qui a déclenché ton déménagement à New York ?

J’en avais marre de venir travailler en costume cravate dans un bureau, ce à quoi ma formation en marketing et management à Dallas, m’avait immanquablement mené… Un soir, David La Chapelle m’a dit que je devrais faire de la photo plus sérieusement, et ça m’a donné confiance et motivation. À New York, j’ai pu m’habiller différemment. 

Comment ça ?

Les créateurs se sont mis à me donner des vêtements… sinon je suis assez basique, jeans, baskets et T-shirts. La mode m’amuse, sur les autres. J’aime bien Alexander Mc Queen pour Puma, Y3, Ksubi, mais dépenser des fortunes en sapes me paraît ridicule, je préfère acheter des tableaux, des dessins ou des sculptures.

Ta démarche est très warholienne, torses de garçons nus, clichés de people dans les soirées, screen-tests, transexuels thaï, sans même parler des deux seuls formats que tu utilises : polaroïd et vidéo…

Encore une fois, c’est le hasard. J’ai été invité à l’anniversaire de Puff Daddy et j’ai compris que je pouvais avec des photos de soirées, créer un site web que des sponsors financeraient, ce qui m’épargnerait d’avoir un travail de bureau. Grâce à la réclame Hugo Boss sur le portail d’accueil de mon site, cette question est, par exemple, résolue. Quant aux transexuels thaï, il se trouve que j’ai été invité à un voyage de presse sur le vol inaugural de la nouvelle ligne New York-Bangkok ouverte par Thaï Airways. J’ai été très inspiré par ces créatures qui mènent une vie heureuse, ne se considèrent pas du tout comme des monstres. J’ai eu l’impression que mes photos pouvaient aussi dire quelque chose, rendre hommage à des performers, me faire réfléchir sur mes désirs… Après ça, je ne voyais plus d’intérêt à prendre une photo de Lindsay Lohan en soirée… je trouvais ça vain et vide. Par contre, j’ai moins de problèmes avec la photo de mode, qui est une façon amusante de payer les factures. Pour ce qui est de Warhol, je ne l’ai pas copié consciemment, même si j’ai fait des séries de screen-tests en vidéo et de torses, en hommage. Jamais je n’oserais me comparer à lui, la masse de son travail est tellement impressionnante. Si j’expose à au Musée Warhol de Pittsburgh, dans quelques mois, c’est parce que le conservateur qui est aussi un ami, a vu une filiation qui lui a semblé intéressante.

 

 

 

Miniature
Robert Montgomery revient à la galerie Nuke pour sa deuxième exposition personnelle à ... Lire plus
Miniature
A l’occasion des cinq ans de la Galerie Nuke, l’exposition Génération Polluée ... Lire plus
Miniature
Voilà une bonne raison pour aller à Londres,  SHOWstudio.com présente To Bed, une ... Lire plus

 

Culture archives